Le Territoire
Maisons-Alfort
Le patrimoine de Maisons-Alfort
À seulement quelques kilomètres du cœur de Paris, Maisons-Alfort se démarque par la singularité de ses quartiers. Du Square Dufourmantelle en briques rouges inscrit au titre des Monuments Historiques en passant par les groupes scolaires Jules Ferry et Condorcet ou encore l’église Sainte-Agnès classée Monument Historique, l’architecture des années 1930 est aujourd’hui au cœur de l’identité de Maisons-Alfort.
Autre lieu historique immanquable de la ville : l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort. Fondée par Louis XV, elle dévoile notamment ses secrets lors des Journées Européennes du Patrimoine. L'école abrite l’un des plus anciens musées de France : le musée Fragonard. Dans le style d’un cabinet de curiosités, celui-ci expose la collection des célèbres “Écorchés” du professeur Honoré Fragonard. Lors de votre visite, vous y trouverez également des objets anatomiques, des squelettes d’animaux et bien plus encore…
Les activités à faire à Maisons-Alfort
Si vous préférez vous détendre, dirigez-vous vers les bords de la Marne et faites une pause à la Maison de l’Environnement. Profitez-en pour jeter un coup d’œil à sa programmation mensuelle d’ateliers et de conférences pour adultes et enfants. En famille, visitez la ferme de Maisons-Alfort. Découvrez les activités de la vie à la ferme et sensibilisez vos enfants à la nature et au bien-être des animaux. Pour les amateurs de glisse urbaine, le skate-park du Parc la Fontaine et ses 650 m² est l’endroit idéal pour mettre vos talents au skateboard, à la trottinette et au BMX à l'épreuve ! Enfin, ne manquez pas les spectacles, expositions et événements artistiques proposés par les Théâtres de Maisons-Alfort tout au long de l’année.
Agenda

À la plage : baignade naturelle sur la Marne à Maisons-Alfort

Exposition immersive à la Maison de l'environnement : Parfums de nature

Balade commentée : Maisons-Alfort, ses bords de Marne et son architecture des années 1930
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Découvrez les bords de Marne à vélo, une immersion entre îles sauvages et patrimoine historique. Des reflets de la rivière aux anciennes baignades, laissez-vous porter par cette balade paisible qui révèle une facette insoupçonnée du Grand Paris.
Ce parcours vous invite à une découverte entre ville et nature, vous présentant l’historique et l’évolution des paysages de la Marne. Au fil de votre progression, vous découvrirez l’héritage de la Belle Époque à travers ses anciennes baignades et ses villas d'architectures variées qui bordent les quais.
L’itinéraire longe les berges entre les îles habitées et les réserves naturelles départementales, véritables refuges de biodiversité en milieu urbain où l’on peut observer une faune et une flore rares. Des passerelles historiques aux barrages qui rythment le cours de l'eau, chaque étape révèle l'esprit des dimanches au bord de l'eau, entre souvenirs de canotage et culture des guinguettes.

Pont de Charenton
Si l’actuel pont de Charenton date seulement de 1974, il marque l’emplacement d’une traversée de la Marne à l’importance économique et stratégique majeure, connue depuis l’Antiquité.
César dans la Guerre des Gaules mentionne déjà la traversée de son lieutenant Labienus à cet endroit, alors qu’il se préparait à attaquer les Parisis avec quatre légions, en franchissant la Marne grâce à ses multiples îles.
L’existence d’un pont en bois est mentionnée pour la première fois au VIIe siècle. Emporté par les intempéries, endommagé par les guerres, il fut reconstruit à de multiples reprises, en bois, en pierre, puis en béton.
Il fut un temps fortifié avant que ses tours ne fussent détruites par Henri IV, vit en 1664 passer d’Artagnan conduisant Nicolas Fouquet prisonnier vers Paris et les élèves de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort résister aux armées coalisées le 3 mars 1814. Comme beaucoup de ponts il porta des moulins, dont les derniers disparurent en 1811.
Le pont contribua également, par son importance, à la formation progressive des communes actuelles de Charenton, Saint-Maurice et Maisons-Alfort.
À partir du Pont vous pouvez rejoindre la rive droite de la Marne en empruntant le passage longeant la départementale 6, vers l'amont ou vers l'aval.

Barrage-écluse de Saint-Maurice
Construit à partir de 1910, le barrage-écluse de Saint-Maurice régule la Marne à l’approche du confluant avec la Seine. Le barrage d'origine a été remplacé en 1998 par un ouvrage complètement automatique.
Le barrage-écluse de Saint-Maurice avait pour mission de réguler le niveau de la Marne , notamment durant les mois d’été où les eaux étaient peu profondes et irrégulières.
Jusqu’en 1998, l’ouvrage fonctionnait entièrement de manière manuelle, en faisant le dernier barrage non automatisé du bassin de la Marne. Son effondrement en 1992 donna l'opportunité de le remplacer par un ouvrage moderne : automatisation des vannes, rénovation de l’écluse et meilleure régulation des niveaux d’eau en toute saison.
Cette écluse voit passer un flux constant de péniches remontant vers le port de Bonneuil, ainsi que de nombreux bateaux de plaisance. Pour préserver l'écosystème, une passe à poissons a été intégrée en rive gauche, permettant aux espèces aquatiques de franchir l’obstacle librement.
Enfin, une passerelle piétonne et cyclable relie aujourd’hui les anciens chemins de halage, de Saint-Maurice et Maisons-Alfort, aujourd'hui aménagés en promenades. Accessible à tous, elle offre une promenade agréable ainsi qu’un point de vue unique sur la Marne et ses abords.

Île de Charentonneau
Petit coin de nature entouré par la Marne, l’île de Charentonneau offre un cadre idéal pour une promenade, un pique-nique ou un moment d’évasion face à une vue imprenable.
Jusqu'au XXe siècle les bords de Marne étaient parsemés d'îles. Les aménagements de la rivière les ont fait disparaître progressivement, notamment dans le but de favoriser la navigation fluviale. L'île de Charentonneau est la dernière qui soit encore visible à Maisons-Alfort.
Autrefois utilisée pour l’agriculture, l’île est devenue, à la Belle Époque, un lieu de détente très apprécié. Les Parisiens venaient s’y reposer, profiter de la nature et de l’air frais. Au début des années 1890, le peintre Paul Cézanne y trouva à plusieurs reprises l’inspiration.
Le site faisait partie du vaste domaine de Charentonneau, une propriété seigneuriale de 250 hectares qui s’étendait jusqu’à Créteil. Son château, reconstruit à la fin du XVIIe siècle, a subsisté jusqu'en 1959. Le film Archimède le clochard (1959) témoigne de ses derniers instants, montrant la demeure et son orangerie juste avant leur démolition au profit de grands ensembles immobiliers. Du domaine historique, il ne reste aujourd'hui que quelques arcades de l’orangerie. Le quartier pavillonnaire actuel n'a vu le jour qu'à partir de 1897, après le démantèlement des terres agricoles des époux Grimoult.
Mentionné dès 1281, le moulin de Charentonneau était relié au château par une galerie surplombant le quai, servant de magasin à grains. Le bâtiment reposait sur six piles et trois arcades enjambant le petit bras de la Marne, où tournait une roue à aubes.
Le nom de "Moulin Brûlé" apparaît après l'incendie de septembre 1883 qui ravagea la minoterie, ne laissant debout que les piles, les communs et une partie de la galerie. C’est ce paysage marqué par les ruines et le pont métallique (remplaçant l'ancienne passerelle de bois détruite en 1870) que Paul Cézanne immortalisa lors de ses visites dans les années 1890. À cette époque, le peintre profitait encore de bords de Marne sauvages, occupés seulement par quelques fermes.
Sous le porche carré du moulin, le chemin de halage contournait la propriété. Selon les récits de l'époque, il se poursuivait après le domaine sous une avenue de noyers et de peupliers, longeant la rivière jusqu'à Créteil.
Aujourd’hui, elle abrite le parc du Moulin Brûlé, offrant un espace de nature préservé face à la rivière.

Passerelle de Charentonneau
Reliant Maisons-Alfort et Saint-Maurice, la passerelle piétonne de Charentonneau fut érigée, en béton armé, entre 1921 et 1926, à la demande des habitants du nouveau lotissement de Charentonneau.
La construction de la passerelle fut décidé par le conseil municipal en 1920, afin de permettre aux maisonnais de Charentonneau de rejoindre les transports en commun à Saint-Maurice. Elle permettait également d'aller se promener au bois de Vincennes ou "entre-deux-eaux", c'est à dire sur la langue de terre s'étendant entre la Marne et le canal de Saint-Maurice, sans avoir recours aux barques qui jusque là permettaient seules la traversée.

Eglise des Saints-Anges-Gardiens
Eglise construite au début des années 1930 dans le cadre des Chantiers du Cardinal, labellisée Patrimoine du XXe siècle.
Conçue par Jean Tandeau de Marsac afin d'équiper ce qui est alors le quartier ouvrier de Saint-Maurice. Elle est construite en béton et parement de brique dans un style évoquant l'architecture flamande. Ornée de vitraux de l'atelier Barillet, son intérieur se voit également entièrement recouvert de peintures murales de Nicolas Untersteller et son atelier à partir de 1941.

Canal de Saint-Maur
Voulu par Napoléon Ier, entreprit en 1809 et ouvert à la navigation en 1821, le canal de Saint-Maur fut l'un des premiers ouvrages d'art majeur construit au XIXe siècle afin de faciliter la navigation sur la Marne.
Long de 1 072 m, dont plus de la moitié en tunnel, il permet d'éviter la boucle de Saint-Maur, raccourcissant les trajets d'environ 13 km dans une zone réputée dangereuse pour la navigation.
Le maintien du niveau de la Marne dans le tunnel nécessita la construction d’un barrage légèrement en aval. Le premier fut achevé en 1826, avant d’être remplacé en 1867 par un barrage semi-automatique.
Le plan d’eau ainsi formé, conjugué à l’arrivée du train à Joinville en 1859, attira les Parisiens à la recherche de loisirs nautiques, favorisant ainsi le développement du canotage sur ce tronçon de la rivière.
Aujourd'hui le canal reste emprunté par une moyenne de 18 bateaux par jour.

Pont de Maisons-Alfort
Jusqu'au début du XXe siècle, la traversée entre Maisons-Alfort et Joinville-le-Pont se faisait uniquement à gué ou par bac.
La construction du pont de Maisons-Alfort a débuté en 1909, son inauguration date de 1911, bien que la plaque indique 1912.
Qualifié de « pont stratégique », il visait à renforcer les liaisons entre les communes du nord et de l’est de la région. Sa construction répondait à un besoin croissant de fluidifier les échanges et les déplacements entre les deux rives, dans un contexte de développement urbain, industriel et militaire.
Il a été édifié par la même entreprise, et édifié le même jour, que le pont du Petit Parc à Saint-Maur-des-Fossés, avec une structure similaire. Comme d’autres ouvrages de la même période, le pont de Maisons-Alfort adopte une structure métallique à tablier supérieur. L’ouvrage repose sur un unique pilier central orné de l’écusson « RF » (République Française).
Il a fait l’objet de plusieurs rénovations, la dernière en 2017-2018, pour traiter la corrosion et améliorer son étanchéité.

Anciennes usines et studios Pathé à Joinville-le-Pont
Au début du XXe siècle la Marne, voie de communication, source d’énergie pour les moteurs à vapeur des usines, matière première pour certaines fabrications, attira les industries à Joinville. Parmi les plus importantes : l’usine de la société Pathé.
Edifiée en 1905 l’usine de Joinville fut issue de la volonté de Charles Pathé de moderniser ses outils de production et de doubler ses installations de Vincennes, notamment pour se prémunir d’éventuels incendies. L’usine fut d’abord consacrée au traitement des films positifs avant de voir son rôle se développer progressivement.
À partir de 1910 l'activité cinématographique fut renforcée par la construction de studios. D’abord rudimentaires, les installations furent rapidement modernisées jusqu’à devenir l’un plus importants lieux de tournage en France, duquel sortit certaines années jusqu’à 40% de la production cinématographique nationale.
Aujourd’hui les studios ont disparu mais les anciens bâtiments de l’usine, devenus après-guerre ceux de la Société Générale des Travaux Cinématographiques (GTC) par la fusion des activités techniques des établissements Pathé-Cinéma et Gaumont, sont encore visibles et occupés pour partie par des activités liées à l’image et au son.

Pont de Joinville
L’existence de l’actuelle commune de Joinville-le-Pont est intimement liée à celle d’un pont franchissant la Marne.
Voulu par l’évêque de Paris, le premier pont fut construit par les religieux de l’abbaye de Saint-Maur afin d’éviter les naufrages lors du dangereux franchissement de la Marne. Attesté pour la première fois vers 1205, il fut jusqu’au début du XIXe siècle le seul pont permettant la traversée de la rivière entre ceux de Charenton et de Lagny.
Ce pont, très fréquenté, entraîna la création d’un hameau de pêcheurs, mariniers, maraichers et vignerons sur la rive droite de la Marne, qui finit par être connu sous le nom de « Branche du Pont de Saint-Maur ».
Le village longtemps rattaché à la paroisse Saint-Maur devint une commune à part entière en 1790. Celle-ci prit en 1831 le nom de Joinville, en l’honneur de François d’Orléans, prince de Joinville, troisième fils du roi Louis-Philippe, en y accolant « le-pont » afin de se distinguer de la commune de Haute-Marne du même nom.
Le pont fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises au fil des siècles. À partir de 1835, il permettait de traverser la rivière grâce à dix arches en pierre. Ce pont de pierre survécut au XIXe siècle et accompagna le développement des loisirs nautiques au cours de la Belle Epoque, avant d’être démoli à partir de 1937 pour les besoins de la circulation routière. L’ouvrage actuel fut achevé en 1943.

Île Fanac
Au pied du pont de Joinville l'île Fanac, site emblématique des bords de Marne, a su conserver son aspect pittoresque, gardant le souvenir des loisirs nautiques des XIXe et XXe siècles.
Jusqu'au XIXe siècle le cours de la Marne était parsemé d'îles de tailles diverses, parfois éphémères. Elles formaient autant d'opportunités, pour l'installation de moulins par exemple, que de dangers pour la navigation. Progressivement une grande partie de ces îles ont disparues en étant urbanisées et reliées aux berges.
l'Île Fanac fait partie des plus importantes à avoir survécu jusqu'à aujourd'hui.
C'est ici qu'un restaurateur venu de Bercy ouvrit au milieu des années 1860 ce qui fut probablement la première guinguette des bords de Marne, "Chez Jullien", offrant un restaurant, un bal et un grand tir. Il bénéficiait ainsi à la fois du cadre champêtre offert par l’île et de la proximité de la voie de chemin de fer. L’ambiance du restaurant fut immortalisée plus tard par Emile Zola dans "Au Bonheur des Dames" (1883).
L’attrait du site de Joinville attira progressivement d’autres restaurateurs. À la pointe de l’Île, aménagée aujourd’hui en jardin public, s’installa au début du XXe siècle le restaurant À l’Ermitage, tenu par M. Lebrasseur. On y accédait par un escalier de bois descendant du pont de pierre, qui disparut avec la construction du nouveau pont.

Plan IGN

Photos aériennes / IGN

Carte des pentes (plan IGN)

Carte 1950 / IGN

Carte de l'état-major (1820-1866)

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