Tombes de Juliette Drouet et Claire Pradier au cimetière Nord de Saint-Mandé_Saint-Mandé
| OT Vincennes
Tombes de Juliette Drouet et Claire Pradier au cimetière Nord de Saint-Mandé_Saint-Mandé
| Office de Tourisme Territorial Paris Est Marne & Bois
Tombes de Juliette Drouet et Claire Pradier au cimetière Nord de Saint-Mandé_Saint-Mandé
| Office de Tourisme Territorial Paris Est Marne & Bois
Description
Ce lieu de mémoire lie deux destins de femmes à Victor Hugo. Juliette Drouet entretint avec lui une relation de cinquante ans, une passion de 22 000 lettres. Dans la tombe attenante sa fille Claire (morte à 20 ans), née de son union avec James Pradier.
JULIETTE DROUET
Née Juliette Joséphine Gauvain à Fougères, benjamine d’une famille modeste, elle devient orpheline de père et de mère peu après sa naissance. Élevée par son oncle, elle suit sa scolarité de 1816 à 1821 au pensionnat religieux de Saint-Mandé, un cadre monacal qui marquera son enfance et où elle choisira, soixante ans plus tard, de reposer pour l'éternité.
Sa beauté "émouvante" lui ouvre d'abord les portes d'une vie mondaine : maîtresse du sculpteur James Pradier, elle entame sur ses conseils une carrière de comédienne sous le nom de Juliette Drouet. Cependant, son talent est contesté : lors de la première de Marie Tudor (1833), elle est sifflée par le public. Même Adèle Hugo, l'épouse du poète, soulignera avec une élégance cruelle dans ses lettres que le public tient le jeu de Juliette en « piètre estime ».
L'année 1833 marque le tournant de sa vie : Victor Hugo la remarque lors d'une lecture de Lucrèce Borgia. Pour lui, elle abandonne tout, acceptant de devenir la « victime consentante » d'une passion absolue. Hugo exige d'elle une existence de clôture, presque monacale, où elle ne sort qu'en sa compagnie. Malgré cette ombre officielle, elle se révèle indispensable : elle lui sauve la vie lors du coup d’État de 1851 e le suit durant ses vingt ans d’exil à Jersey et Guernesey. Installée dans une maison à portée de vue du poète, elle lui voue un culte quotidien à travers plus de 22 000 lettres.
Bien qu’elle endure les infidélités répétées de Hugo, son dévouement ne faiblit jamais. Conscient de ce sacrifice, le poète écrit à ses enfants en 1870 : « Jamais son âme n'a quitté la mienne... Elle est ma veuve ». Elle s'éteint en 1883. Bien que l'entourage du poète l'empêche d'assister aux obsèques, l'épitaphe qu'il rédige pour elle scelle leur lien : « Le monde a sa pensée / Moi, j'avais son amour ! ».
CLAIRE PRADIER
Claire Pradier, (1826-1846), née de la liaison entre Juliette Drouet et le sculpteur James Pradier, connaît une enfance partagée entre divers pensionnats.
Bien que son père ne la reconnaisse qu'en 1828, elle trouve en Victor Hugo un protecteur attentif. À partir de 1836, alors qu'elle est en pensionnat chez Mme Devilliers à Saint-Mandé, le poète l'accompagne chaque jeudi pour les visites au parloir. Très pieuse, celle que sa mère surnomme affectueusement « Clairon » ou sa « péronnelle » voit sa santé décliner après avoir échoué à son examen d'institutrice. Elle s'éteint de phtisie à seulement vingt ans, le 21 juin 1846.
Le 30 novembre 1845, Claire Pradier écrit dans son testament :
« Je prie qu'on m'habille comme le jour de ma première communion, qu'on me porte à bras et qu'on m'enterre dans le cimetière de Saint-Mandé. Je demande encore que ce soit M. l'abbé Chossotte qui dise la messe de mon enterrement et qu'on mette de l'herbe verte sur ma tombe. »
Le 11 juillet 1846, ses camarades, accompagnées de Victor Hugo et de James Pradier, escortent le char funèbre. Cet épisode inspire au poète plusieurs vers dans Les Contemplations, où il invite le lecteur à chercher à Saint-Mandé la tombe où « gît ce lys vermeil ». À la mort de James Pradier en 1852, le mausolée promis n'est toujours pas réalisé. Victor Hugo, alors en exil à Jersey, décide de commander un tombeau modeste afin d'exaucer ses dernières volontés.
Sur la pierre grise de Claire, on peut lire ces mots de l'auteur : « Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise / voilà que tu n'es plus ayant à peine été ! / l'astre attire le lys, et te voilà reprise / ô vierge, par l'azur, cette virginité ! ».
Fait singulier : Aujourd'hui encore, bien que la sépulture soit entretenue, des visiteurs déposent toujours des pots d'herbe verte au pied de la stèle, respectant ainsi le souhait formulé par la jeune fille il y a près de deux siècles.
Témoignages précieux de l'histoire littéraire et amoureuse du XIXe siècle, les sépultures de Juliette et de sa fille sont aujourd'hui protégées au titre des Monuments Historiques.
JULIETTE DROUET
Née Juliette Joséphine Gauvain à Fougères, benjamine d’une famille modeste, elle devient orpheline de père et de mère peu après sa naissance. Élevée par son oncle, elle suit sa scolarité de 1816 à 1821 au pensionnat religieux de Saint-Mandé, un cadre monacal qui marquera son enfance et où elle choisira, soixante ans plus tard, de reposer pour l'éternité.
Sa beauté "émouvante" lui ouvre d'abord les portes d'une vie mondaine : maîtresse du sculpteur James Pradier, elle entame sur ses conseils une carrière de comédienne sous le nom de Juliette Drouet. Cependant, son talent est contesté : lors de la première de Marie Tudor (1833), elle est sifflée par le public. Même Adèle Hugo, l'épouse du poète, soulignera avec une élégance cruelle dans ses lettres que le public tient le jeu de Juliette en « piètre estime ».
L'année 1833 marque le tournant de sa vie : Victor Hugo la remarque lors d'une lecture de Lucrèce Borgia. Pour lui, elle abandonne tout, acceptant de devenir la « victime consentante » d'une passion absolue. Hugo exige d'elle une existence de clôture, presque monacale, où elle ne sort qu'en sa compagnie. Malgré cette ombre officielle, elle se révèle indispensable : elle lui sauve la vie lors du coup d’État de 1851 e le suit durant ses vingt ans d’exil à Jersey et Guernesey. Installée dans une maison à portée de vue du poète, elle lui voue un culte quotidien à travers plus de 22 000 lettres.
Bien qu’elle endure les infidélités répétées de Hugo, son dévouement ne faiblit jamais. Conscient de ce sacrifice, le poète écrit à ses enfants en 1870 : « Jamais son âme n'a quitté la mienne... Elle est ma veuve ». Elle s'éteint en 1883. Bien que l'entourage du poète l'empêche d'assister aux obsèques, l'épitaphe qu'il rédige pour elle scelle leur lien : « Le monde a sa pensée / Moi, j'avais son amour ! ».
CLAIRE PRADIER
Claire Pradier, (1826-1846), née de la liaison entre Juliette Drouet et le sculpteur James Pradier, connaît une enfance partagée entre divers pensionnats.
Bien que son père ne la reconnaisse qu'en 1828, elle trouve en Victor Hugo un protecteur attentif. À partir de 1836, alors qu'elle est en pensionnat chez Mme Devilliers à Saint-Mandé, le poète l'accompagne chaque jeudi pour les visites au parloir. Très pieuse, celle que sa mère surnomme affectueusement « Clairon » ou sa « péronnelle » voit sa santé décliner après avoir échoué à son examen d'institutrice. Elle s'éteint de phtisie à seulement vingt ans, le 21 juin 1846.
Le 30 novembre 1845, Claire Pradier écrit dans son testament :
« Je prie qu'on m'habille comme le jour de ma première communion, qu'on me porte à bras et qu'on m'enterre dans le cimetière de Saint-Mandé. Je demande encore que ce soit M. l'abbé Chossotte qui dise la messe de mon enterrement et qu'on mette de l'herbe verte sur ma tombe. »
Le 11 juillet 1846, ses camarades, accompagnées de Victor Hugo et de James Pradier, escortent le char funèbre. Cet épisode inspire au poète plusieurs vers dans Les Contemplations, où il invite le lecteur à chercher à Saint-Mandé la tombe où « gît ce lys vermeil ». À la mort de James Pradier en 1852, le mausolée promis n'est toujours pas réalisé. Victor Hugo, alors en exil à Jersey, décide de commander un tombeau modeste afin d'exaucer ses dernières volontés.
Sur la pierre grise de Claire, on peut lire ces mots de l'auteur : « Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise / voilà que tu n'es plus ayant à peine été ! / l'astre attire le lys, et te voilà reprise / ô vierge, par l'azur, cette virginité ! ».
Fait singulier : Aujourd'hui encore, bien que la sépulture soit entretenue, des visiteurs déposent toujours des pots d'herbe verte au pied de la stèle, respectant ainsi le souhait formulé par la jeune fille il y a près de deux siècles.
Témoignages précieux de l'histoire littéraire et amoureuse du XIXe siècle, les sépultures de Juliette et de sa fille sont aujourd'hui protégées au titre des Monuments Historiques.
Informations
Période d'ouverture
Du 01/03 au 01/11 tous les jours de 8h à 18h30.
Du 02/11 au 28/02 tous les jours de 8h à 17h.
Du 01/03 au 01/11 tous les jours de 8h à 18h30.
Du 02/11 au 28/02 tous les jours de 8h à 17h.
Adresse
24 avenue Joffre
94160 Saint-Mandé
24 avenue Joffre
94160 Saint-Mandé
Langues parlées
Français
Tarifs
Accès libre.
Mis à jour par l’Office de Tourisme Paris Est Marne et Bois : 02/07/2026
